Olivier, 35 ans, guide nature et facilitateur en écosystème nourricier. Olivier est passionné de la nature qu’il a décidé de servir après plusieurs expériences de randonnées au long cours, durant plusieurs mois. Aujourd’hui, Olivier recrée une forêt primaire sur un terrain qu'il a acquis. Il participe également à la création d’un verger agroécologique et donne des conseils pour aménager des jardins plus attirants et accueillants pour les écosystèmes.
Marc-André Sélosse, expert de la thématique Nature. Il est l'auteur notamment de « L'origine du monde : Une histoire naturelle du sol à l'intention de ceux qui le piétinent ». Les sols sont les témoins de la bonne santé de la biodiversité (les animaux, les végétaux, les insectes, etc). Plus cette biodiversité est riche, plus le vivant est résistant et est capable de s’adapter à tout type de changement. Or l'exploitation des sols, mais aussi des mers, par l'activité humaine dégrade cette biodiversité. L’agriculture et l’élevage intensifs, l'exploitation des forêts, la pêche, les transports sont autant d'activités humaines qui provoquent de la pollution et participent au dérèglement climatique. Des espèces animales et végétales en profitent pour envahir de nouveaux territoires et éliminer des espèces qui y vivaient auparavant, réduisant ainsi la biodiversité.
Découverte d’une initiative publique de renforcement des forêts alluviales pour les rendre plus naturelles et plus résistantes aux inondations. L'objectif est notamment de diminuer les plantations d'épicéas dans nos régions.
Pour ramener de la biodiversité dans nos campagnes, il faut rendre de l'espace à la nature. Les autorités publiques ont compris l'importance de créer des lieux qui offrent un habitat "protégé" pour oiseaux, les insectes, les batraciens, etc. Cela passe notamment par la création de mares ou la plantation de haies dans les zones agricoles. Ces espaces naturels ont aussi un impact pour la vie humaine car ils permettent de rendre les terrains plus absorbant en cas d’inondation et mieux préparer aux vagues de sécheresse.
Rencontre avec un maraîcher converti à l’agroécologie et à la permaculture. Il s'appuie sur la complémentarité des éléments naturels pour produire ses légumes et fruits. En protégeant la biodiversité sur son terrain, il attire des animaux qui vont l'aider à développer ses plantations. Par exemple, en attirant certains types d'oiseaux, il protège ses légumes de pucerons ou de limaces. L'agroécologie est un modèle de société qui défend des principes tels que la sobriété, le travail décent et correctement rémunéré, le respect des autres formes de vie.
Sébastien, 40 ans, ingénieur agronome, papa solo. Au moment de rénover et d’isoler sa maison trop grande pour lui et sa fille, il se demande quels matériaux utiliser pour avoir un impact carbone le moins élevé pour sa rénovation, tout en n’augmentant pas son budget de rénovation. Il se demande aussi comment adapter son espace de vie à ses besoins réels.
Louise, 25 ans, étudiante en architecture. Elle a mené dans le cadre de ses études un projet de mise en résilience d’un petit village pour le rendre autonome économiquement, notamment via la création d'une coopérative citoyenne.
Jean-Pol, 64 ans, retraité. Il est membre de plusieurs conseils de participation citoyenne pour faire entendre sa voix face au monde politique. Il a lancé une ressourcerie pour combattre le gaspillage des matières premières.
Stéphanie, 35 ans, institutrice primaire, mariée et maman de deux enfants. Elle est membre d’une bulle d’entraide de « Je suis ton voisin ». Elle a retrouvé le goût du lien social de voisinage durant le confinement de 2020. Aujourd’hui, elle se demande comment pérenniser ses actions et comment intégrer les autres générations, surtout plus âgées.
François, 40 ans. Célibataire sans enfant. Psychologue et animateur en maison de jeunes. Très inquiet des changements climatiques, François a créé le réseau « Je suis ton voisin » pour recréer des liens sociaux entre les gens. Il s’intéresse aujourd’hui aux sources d’énergies alternatives et au low-tech qui pourraient, selon lui, être une des solutions.
Noëlle Vliegen, 35 ans, maraîchère. Elle se bat pour la survie des maraîchers locaux en étant notamment très active dans les médias et les réseaux sociaux. Pour écouler une partie de leur production, elle et son mari tiennent une épicerie. Noëlle est toujours à la recherche de nouveaux fournisseurs locaux pour étoffer leur offre.
Isabelle, 43 ans, bibliothécaire, initiatrice d’un appel aux rêves pour inciter les citoyens à imaginer un avenir plus résilient dans leur région. Confrontée aux désintérêts pour les livres lorsqu’elle se rend dans les classes, Isabelle se demande comment maintenir la curiosité et la créativité des enfants et des jeunes.
Les coopératives locales permettent aux producteur.trice.s et artisan.e.s de mutualiser les moyens et les services. En proposant conjointement leur production, les coopératives leur offrent une solution de gestion de leur logistique et leur commercialisation en circuit court. Pour les citoyens, s'investir dans une coopérative locale, c'est aussi soutenir des producteur⸱trice⸱s et artisan⸱e⸱s locaux qui défendent une agriculture paysanne et un artisanat local en développant une alternative à la grande distribution.
Francis Maréchal, adjoint au maire de Loos-en-Gohelle, une petite commune de 7 000 habitants, dans le nord de la France. Elle est souvent présentée en exemple pour la réussite de sa transition ; passée d’une cité minière pauvre à un bastion du développement durable, grâce à un programme qui a mis au centre de ses préoccupations les besoins de ses habitants, tout en les rendant acteurs à part entière des décisions.
Philippe Bihouix, ingénieur, spécialiste de l’épuisement des ressources minérales et auteur de « l’âge d’or des low-tech ». Par l’innovation et la technologie, nos sociétés tentent de garder leurs acquis tout en réduisant leur empreinte sur les écosystèmes naturels. Malheureusement, il n’existe encore aujourd’hui aucune solution qui permette réellement de diminuer l’impact de notre consommation d’énergies sur nos écosystèmes. Réduire notre consommation d'énergie est désormais la seule solution. A titre d'exemple, si l'on souhaitait n'utiliser que 100% d’énergies renouvelables en Belgique, il faudrait : 43 660 éoliennes installées (soit 56% du territoire couvert) ; 2 815 hydroliennes (éoliennes sous-marines) ; 4 963 machines houlomotrices (énergie des vagues) ; 31 centrales géothermisque ; 6 centrales hydroélectriques (d’une hauteur de plus de 200 m) ; 5 067 centrales solaires à concentration ; 1 179 km² de panneaux photovoltaïques (plus que l’ensemble des surfaces de toitures actuelles). Sources : « Des limites de la croissance », Romain Gelin chercheur et formateur en économie au GRESEA.
Olivier De Schutter, ancien rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation du Conseil des Droits de l’Homme à l’Organisation des Nations Unies, sera notre expert pour cette thématique. Il dénonce notamment les effets néfastes de la monoculture : le fait que dans notre système alimentaire mondialisé, chaque région du globe s’est spécialisée dans un seul type de production (les céréales, le soja, l’élevage, etc.). Economiquement, ce modèle est très intéressant car il permet à chaque région de produire beaucoup plus. Mais pour la nature, ce modèle est catastrophique. Il provoque : - de la pollution : pour assurer le transport des productions d’un coin à l’autre de la planète ; - du gaspillage : un tiers de la production alimentaire mondiale n’est pas consommée ; - l’épuisement des sols qui ne parviennent plus à se régénérer ; - la perte de la biodiversité.
Bibliothécaire dans une bibliothèque d'une petite ville ardennaise, Isabelle Lejeune est persuadée que c'est par l'éducation à la culture que notre société pourra évoluer positivement. Il faut aider les enfants à se forger des outils pour mieux se comprendre, pour imaginer un nouvel « art de vivre » en tant qu'être humain. Transmettre des récits positifs et des valeurs fondamentales comme l'entraide, le partage, la citoyenneté, le respect du vivant, etc.. Rendre sa place à la culture, à l'art, aux philosophies, pour montrer qu'il existe une diversité de pensées.
La production intensive et industrielle de viande est une catastrophe écologique. Par contre, un élevage raisonné contribue à l'entretien de l'écosystème, notamment par l'entretien des pâtures. La ferme du Mont des Brumes fait partie de ces fermes respectueuses de l'environnement qui limite sa production de viandes aux besoins locaux.
En Belgique, un producteur maraîcher bio sur deux, vend lui-même ses produits. Cela lui permet de garder un prix intéressant tant pour le client que pour lui. Quand ils traitent avec les fournisseurs des grandes surfaces, les producteurs doivent souvent vendre leurs marchandises moins cher pour que les intermédiaires puissent eux aussi gagner de l'argent sur le produit.
Terre d’herbage, un système de logistique pour acheminer la production locale vers les magasins des villes et villages proches.
La Grande Maison est un éco-centre de créativité et d'expression pour les enfants et les adultes. Ses animatrices proposent d'explorer la créativité dans un souci d'éducation à la transition écologique. Elles proposent des stages et se rendent dans les écoles pour apprendre l’autonomie créative aux enfants, par l'observation, la manipulation, la pratique libre et le non-interventionnisme.
Découverte de "l'école du dehors" qui emmène les enfants en pleine nature dans des classes aménagées sur des rondins de bois dans une clairière ou dans un parc. La « pédagogie du dehors » est centrée sur l’apprentissage de la vie quotidienne, l’autonomie, le jeu libre, le lien affectif à la nature. L'impact pour les enfants est très importants : amélioration de la concentration, développement de la créativité et de la psychomotricité globale, plus grande motivation des enseignants et des enfants.
« Je suis ton voisin » propose à des voisins de créer des bulles d’entraide et de renforcer des liens avec son voisinage direct. Ensemble, ils créent des potagers collectifs, des actions de sensibilisations pour faire ralentir les automobilistes dans leurs rues, des ateliers zéro déchet, etc.
« Les Amis du château de Rahier » ont créé dans leur village un espace intergénérationnel inclusif où toutes les catégories d’âges peuvent se mélanger lors des festivités
Présentation d’un débat entre jeunes à propos de l’activisme. Ou comment la solidarité au sein des groupes permet de faire évoluer les mentalités
Rob Hopkins, le père du concept de transition environnementale. Auteur de nombreux ouvrages sur la mise en pratique de la résilience territoriale. Selon lui, rien ne pourra changer sans recréer des liens sociaux et de la solidarité entre les citoyens.
Visite d’une Tiny House déplaçable en fonction du lieu de travail de sa propriétaire et autonome en énergie. Il s'agit d'une habitation sur roulette qui se limite aux besoins de base et qui est construite de façon écologique pour dépenser le moins d'énergie possible. Objectif : se passer du superflu, penser écologique et être libre de se déplacer.
Visite d’un chantier de rénovation participatif et principalement réalisé avec des matériaux de récupération. Objectif : réduire les coûts de la construction d'une maison en créant le plus possible par soi-même et n'utiliser que des matériaux dont l'empreinte écologique est la moins importante.
Découverte d'une société de construction qui ne travaille qu'à partir de matériaux naturels comme le bois, la fibre de bois, l’argile, etc.
Pour éviter que les habitants d'un territoire ne soient obligés de le quitter pour travailler, il est important d'y développer de l'activité économique. Créer de l'emploi local, offrir les services de premières nécessités, etc. Comment recréer un maillage économique dans les villages pour permettre aux habitants d'être plus autonomes ?
Aïcha Ben Dhia est docteure en économie et investisseuse au sein du fonds 2050, un fonds d’investissements pour des projets durables et respectueux de l’environnement. Selon de nombreux experts, l'économie locale doit être moins dépendante des marchés financiers mondiaux. Cela passe par une réorganisation de la société à des échelles plus petites, notamment pour réduire les risques pesant sur l’approvisionnement des matières premières et limiter leur empreinte carbone. Le maintien des emplois locaux et la création de richesse dans chaque région est primordiale pour la résilience économique d’un territoire.
La résilience, c'est être capable de produire et réparer localement des produits de premières nécessités. Cela implique de connaître le fonctionnement et la conception de tout une série d'objets et de matériels. Pour retrouver les aptitudes de créer et réparer par soi-même, l'asbl des P’tits CRAPAU proposent notamment des ateliers de création d’outillage et de réparation d’objets.
Jeunes architectes qui ont décidé de mettre la durabilité des constructions au coeur de leurs réflexions. Est-il encore souhaitable d’étendre les surfaces bâties alors que de plus en plus de logements sont inoccupés et que les espaces naturels se réduisent ? L’expansion des villes et des villages s’accompagnent aussi d’une plus grande dépendance à la voiture individuelle. La résilience de l’aménagement des territoires passe par la rénovation des maisons existantes, le renforcement du réseau de mobilité douce et une meilleure gestion de l’espace en fonction de l’usage de l’habitat.
La PILE, le pôle des initiatives locales engagées, c’est un espace de créativité partagé. On accepte ici les citoyens, des associations et des entreprises à condition qu’elles développent des projets dans l’économie circulaire, dans la protection de l’environnement ou dans l’inclusion sociale. L’idée est de venir ici pour partager des espaces mais aussi des idées, des outils, la publicité, une énergie commune. Un lieu qui réinvente la gouvernance par une gestion transversale, sans hiérarchie. La PILE dispose également d’une agora pour le débat politique et citoyen.
Visite du réseau chaleur de Malempré. Des villageois se sont associés pour créer leur propre énergie de chauffage en brûlant les déchets des d’exploitations agricoles. Ils fournissent aujourd’hui de quoi chauffer 70 ménages.
Actuellement, la participation citoyenne est vue comme une contrainte par le politique et comme inutile par les citoyens. Pourtant, pour rendre de la résilience à son territoire, le citoyen devrait s’impliquer plus dans la politique locale pour que la gestion collective d'un territoire concerne tous ses habitants. De vrais espaces de dialogues doivent être inventés pour développer de nouvelles synergies entre les élus et les citoyens. Que les citoyens se sentent plus utiles en aidant leurs élus et que les élus se sentent mieux soutenus dans leurs actions en faveur de la collectivité.
Assurer de l'emploi localement et développer une économie solide sont un des défis d'une résilience locale. L'Asbl Haute Amblève a été créée dans le but de rassembler tous les acteurs économiques du territoire belge de la Haute Amblève. Objectif : créer des ponts entre des mondes économiques qui s'ignorent. Pour plus de résilience, il est indispensable que la patronne d'une industrie lourde et le maraîcher agroécologique qui travaillent dans une même région puissent se parler. Que chacun comprenne les enjeux et les réalités de l'autre. Cela peut permettre de créer de la collaboration entre ces acteurs au profit de l'ensemble du territoire déterminé.